Elle est assise sur sa fenêtre, l’orage battant auprès d’elle ne l’effraie pas.
Seule, elle pleure.
Ses larmes se mélangent à la pluie, son visage sombre à la nuit.
Ses grands yeux humides observent les ombres, les ombres nocturnes s’approchent de sa blessure.
Elle souffre.
Elle n’est pas blessée dans son corps, un peu seulement dans son âme. Mais c’est son cœur meurtri qui la tiraille.
D’un revers de manche, elle essuie son visage. Sa tête appuyée sur le mur se renverse à l’arrière.
Elle ferme les yeux.
Elle le revoie, comme elle l’a toujours vu, son insouciance, sa présence, sa bonne humeur.
Elle pense à ce qu’elle est. Mélancolique, renfermée, triste et maussade.
Elle aurait du y penser plus tôt. Il est trop différent pour l’aimer.
Les contraires ne s’attirent pas toujours.
Ses larmes reprennent de plus belle tandis que son désespoir lui étreint le cœur.
Elle a tant de rêves enfouis dans sa mémoire dont il est le héros.
Il lui reste tant de souvenir à oublier.
Oublier. Jamais elle n’y arriverait.
Elle sent le vent lui caresser le visage. Il lui semble que celui-ci lui parle.
Le vent ? Parler ?
Son imagination devait lui jouer des tours, cet homme l’avait détruite.
Et pourtant … elle la sent, la voix du vent.
Elle entend le ciel lui murmurer des paroles réconfortantes.
Alors, elle ouvre les yeux. Elle n’aurait certes jamais du, mais on fait rarement ce que l’on devrait.
Elle ouvre donc les yeux et ces même ombres qu’elle observait de loin si tristement quelques instants au par avant lui apparaissent bien plus proches à présent. Elles sont mêmes à côté d’elle.
Elle ne panique pas.
Surprise, elle observe ces formes qui dansent autour d’elle.
Elle se laisse attirer à elles.
Un brouillard s’approche d’elle, une ombre lui tend la main.
Elle la prend et se laisse guider par la voix du ciel.
Elle marche dans l’air, en bonne compagnie.
Ses larmes ne coulent plus, mais son expression de jeune fille triste et fragile reste imprégnée sur son visage.
Cet air qui ne la quittera plus jamais.
Elle flottait donc au milieu de ces ombres, dans les ténèbres d’une nuit meurtrière, quand les phares d’une voiture illuminèrent les environs.
Le charme se rompu, et la jeune fille resta seule sous la lune.
Puis tout alla très vite.
Privée de support, sa dernière chute commença.
On la retrouva inanimée sur le sol, le lendemain matin.
Elle était dans un coma profond.
Elle entendait les médecins parler à ses parents. Avec de la volonté, elle pourrait se sortir de cet état et garderait peu de séquelle de ce moment. Il fallait patienter.
De la volonté, c’est tout ce dont elle avait besoin, mais elle n’en avait pas.
Elle se laissa mourir, un sourire dessiné sur les lèvres.
Elle allait retrouver le ciel, quitter sa douleur. Echapper à l’oppression. Ne plus souffrir pour un amour déchu.
Oui.
Elle allait retrouver le ciel.
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